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Argentine : une expo photo sur l'avortement clandestin fait polémique

Article publié le 27/08/2013 à 15:34

En Argentine, une exposition photo, soutenue par Amnesty International dévoile l'amère réalité des conditions d'avortement clandestin, dans un pays où l'interruption volontaire de grossesse est toujours prohibée.

Argentine : une expo photo sur l'avortement clandestin fait polémique

L'avortement en Argentine

En Argentine, l'interruption volontaire de grossesse est toujours interdite par la loi. Un article du blog Mediapart de Fabien Palem précise que l'interdiction est soutenue, non seulement pas l'Église, mais également pas l'Académie de médecine, pour qui « détruire un embryon humain signifie empêcher la naissance d’un être humain. ».

En Argentine, le code des médecins considère donc hors-la-loi les médecins qui pratiquent l'avortement, et les femmes qui en font la demande comme criminelles.

Très clémente, la loi argentine autorise toutefois l' IVG dans deux situations : «viol d'une femme handicapée mentale ou aliénée » et « danger pour la vie ou la santé » de la mère.

Selon le site lepetitjournal.com, le gouvernement aurait voté en juillet une mesure accordant aux victimes de viols d'avorter gratuitement dans les hôpitaux publics.

Et pourtant, de nombreuses affaires montrent que même dans les cas de viols, les avortements ne sont pas systématiquement autorisés et que les opérations se font la plupart du temps dans la clandestinité et dans des conditions d'hygiène précaires.

Selon lepetitjournal.com, 60 000 à 70 000 femmes seraient hospitalisées chaque année à la suite d'avortements clandestins, qui sont également la première cause de mortalité maternelle en Argentine.

Une expo photo soutenue par Amnesty International

Trois jeunes photographes résidentes argentines, une Allemande, une Française et une Argentine ont construit cette exposition de photographies, avec l'objectif de « montrer la réalité des conditions d'avortement en Argentine. Autrement dit : la clandestinité »

Amnesty International parraine cette exposition explicitement militante : « Le message donné est celui de la femme qui doit pouvoir disposer de son propre corps. »

L'exposition, intitulée 11 semaines, 23heures et 59 minutes, en référence aux 12 semaines pendant lesquelles l'IVG est autorisée en France ou en Allemagne, se tient jusqu'au 8 septembre à Buenos Aires.

Les grandes photographies affichées sur les murs du Palais de glace montrent les multiples visages de ces clandestins, femmes, fiancés ou médecins favorables à l'avortement.

Pour un passage à l'avortement gratuit et encadré

Les photographes, aux côtés d'Amnesty International, militent en faveur de la légalisation de l'avortement jusqu'à 12 semaines de grossesse. Une campagne de légalisation a été lancée en mai 2005, selon lepetitjournal.com, par plus de 200 organisations, sous le slogan suivant : « éducation sexuelle pour décider, contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir. »

Malgré les nombreux signataires en faveur de l'avortement, parmi lesquels se trouvent certains pontes de la classe politique argentine, la lutte reste difficile.

Pour la sociologue et militante Cecilia Lipszyc, il y a « trois grands obstacles à la légalisation : l’Église catholique, la classe politique et l’hypocrisie de la classe moyenne ».

Vous pouvez visiter le site d'Amnesty International Argentine.

Crédits photo : Photo de l'exposition de l'exposition, via Fabien Palem © Amnistía Internacional

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